The Economy of Francesco

les jeunes, un pacte, l’avenir

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22-24 Septembre 2022, - Assise

22-24 Septembre 2022, Assise

"The Economy of Francesco"

les jeunes, un pacte, l’avenir

Dernière minute:

aujourd’hui publication d’une lettre du pape François où il convoque à Assise les jeunes économistes et entrepreneurs pour leur proposer un pacte pour une nouvelle économie. L’Economie de Communion fait partie du Comité d’organisation de l’événement, avec le Diocèse d’Assise, la municipalité d’Assise et l’institut Séraphique.

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#EoF – Coopérer comme des plants, stratégie d’avenir

#EoF ProView - La leçon du professeur Denison sur les légumineuses et leurs bactéries rhizobia réflexion sur la coopération pour la préservation des biens communs

de Paolo Santori

publié sur Avvenire le 23/02/2022

EoF ProView 200L’Economy of Francesco School  [Ecole de l'Economie de François] est un programme d'éducation globale qui a débuté en 2021 et qui en est maintenant à sa deuxième année. La première s'est terminée par un message important : la science économique doit se concentrer sur les biens communs mondiaux (l'atmosphère, les forêts, les océans, la terre, les ressources naturelles, les semences); si nous contribuons tous à leur préservation, ces biens prospèrent, apportant des bénéfices à tous; mais (hélas, deux fois hélas) ces biens nous sommes surtout enclins à les exploiter aux dépens des autres. Si la première édition était consacrée au diagnostic, la seconde ne pouvait manquer d'aborder le pronostic. Mais attention, le risque de recettes trop faciles est toujours au coin de la rue. Repenser la science économique n'est pas une tâche facile, et vouloir le faire en « écoutant les plantes », comme le dit le titre de l'EoF School 2022, semble ambitieux. Pourtant, comme nous l'a appris le philosophe Giambattista Vico, si elle est placée au bon endroit, l'ambition peut conduire à « de bons usages pour la société humaine » (La Scienza Nuova, Dignité VII). Je vais essayer de vous montrer que l'école EoF 2022 est le bon endroit, et je le ferai d'abord avec une prémisse générale, puis en vous racontant le dernier « épisode » de l'école. Avant-propos : repenser la science économique à partir des plantes signifie écologie, mais dans un sens particulier. Il ne s’agit pas cette écologie, parfois proche de l'idéologie, qui ignore les coûts humains (pertes d'emplois, pour n'en citer qu'un) de la transition écologique.

L’EoF School s'inspire du pape François et de saint François, tous deux conscients que le cri de la terre est inséparable de celui des pauvres. L'EoF School 2022 n'est même pas de l'écologie au sens étymologique d'oikos logos, d’« étude de l'environnement ». Nous ne voulons pas « anthropomorphiser » la nature, c'est-à-dire appliquer des catégories humaines pour étudier les plantes et leur monde. L'objectif est différent : il s'agit d'un discours humble, d'une approche qui tente d'extraire des messages, des images et des suggestions de l'oikos des plantes, de leur lieu de vie, de leur mode de vie. Des messages, pas des recettes ou des solutions. Écouter les plantes, c'est apprendre une autre langue pour penser notre monde. Mes collègues philosophes ici à Tilburg définissent la philosophie comme le fait d'avoir des « second thoughts », littéralement des « pensées secondes », nous dirions des re-pensances (pas dans le sens de regrets) : c'est un retour sur nos pas pour mieux comprendre ce qui nous est arrivé. C'est ce que fait l'EoF School 2022, qui revient sur les questions économiques fondamentales et les repense à partir du monde des plantes. Passons de l'abstrait au concret avec un exemple.

La dernière conférence de l'EoF School 2022 a été donnée par le professeur R. Ford Denison du département d'Ecologie, Evolution et Comportement de l'Université du Minnesota. Denison a dialogué avec Maria Virginia Solís Wahnish, Bernat Sellares et Caterina Rondoni, trois jeunes économistes de l'Économy of Francesco. Le sujet ? La coopération dans la préservation des biens communs et ses pièges, le tout en regardant les plantes légumineuses. Il y a ceux qui lisent la coopération en appliquant la morale de Kant à la théorie des jeux (comme l'économiste John Roemer), et ceux qui l'étudient en s'attardant sur les bactéries des légumineuses : des problèmes similaires, des langages différents, une diversité qui est à la fois beauté et richesse (peut-être les plantes ont-elles aussi quelque chose à apprendre de nous).

Les protagonistes de la conférence de Denison étaient les plantes légumineuses et leurs bactéries rhizobia. Vous devez savoir que les bactéries symbiotiques telles que les rhizobiums aident un certain nombre d'espèces végétales (dont les légumineuses) à convertir l'azote atmosphérique à partir duquel les plantes produisent des protéines essentielles. Mais la relation n'est pas à sens unique ; elle est fondée sur le bénéfice mutuel. L'azote fourni par les rhizobia peut permettre une plus grande photosynthèse de la plante hôte, générant potentiellement plus de molécules organiques pour le rhizobia. Jusqu'ici tout va bien, mais il y a un problème. Chaque plante abrite généralement plusieurs souches de rhizobia, et certaines d'entre elles se comportent de manière rusée (je fais ici de l'anthropomorphisme). Les rhizobiums peuvent utiliser l'azote pour contribuer au bien commun de la plante, mais ils peuvent aussi l'utiliser pour eux-mêmes. Autrement dit, chaque souche peut stocker l'azote pour la reproduction au lieu de le mettre à la disposition de la plante. Bien que les souches rusées fournissent un peu d'azote, simulant leur contribution au bien commun, elles réduisent en fait la santé globale d'une plante hôte en occupant des nodules racinaires qui seraient autrement occupés par des souches plus bénéfiques.

Pour en revenir à la société humaine, posons-nous la question suivante : qui sont les souches agressives de rhizobia de nos biens communs mondiaux ? Quelles sont les souches bénéfiques ? Quelle proportion doit-il y avoir entre eux pour que les biens communs ne soient pas détruits ? L'histoire ne s'arrête pas là. Denison nous a dit que les légumineuses réagissent de deux manières au moins. La première, radicale, consiste à ce que la plante cesse d'envoyer de l'oxygène dans la zone où se concentrent les souches les plus agressives. Comment la plante comprend-elle cela ? Il y a peu ou pas de fixation d'azote dans cette zone, et donc une contribution au bien commun. Une mesure drastique, bien sûr, mais nécessaire pour que les souches non coopératives ne l'emportent pas sur les souches coopératives, entraînant l'échec de l'écosystème végétal. Une autre stratégie adoptée par les légumineuses consiste à faire " gonfler " les souches de rhizobia agressives, de sorte qu'elles ne puissent pas se reproduire et ne s'approprient donc pas l'azote de manière opportuniste. En termes économiques, nous avons un premier mécanisme qui fonctionne avec la punition et l'exclusion, tandis qu'un second représente une sorte de main végétale invisible, encourageant la croissance du bien privé (gonflement) afin que le bien commun prospère. Les stratégies ci-dessus semblent difficiles (et peu souhaitables) à appliquer dans le contexte social et humain. Mais nous ne cherchons pas de réponses ou de recettes, mais des questions et une nouvelle réflexion, de nouveaux langages pour de vieux problèmes. Je n'ai ni le temps ni l'espace pour développer d'autres réflexions à partir de la belle conférence de l'EoF School 2022, je laisse volontiers la tâche au lecteur. L'économie (de oikos, maison) et l'écologie (de oikos, habitat) sont deux maisons séparées par un mur de séparation en une seule et grande habitation. Quelques plantes grimpent sur ce mur, que ce soit un bon présage pour tous.

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