Troisième journée de notre école : un voyage dans la culture de l’entreprise

Qu’est-ce qu’une entreprise de l’ÉdeC ? Lors de la troisième journée de notre école, nous entrons dans le vif du sujet.

Par Lili Mugombozi

150524 Nairobi EoC School 37 ridUn voyage dans la culture de l’entreprise. La session d’aujourd’hui commence elle aussi de façon tout à fait originale. Dès le matin, des entrepreneurs se succèdent au micro ou dans des messages vidéo pour raconter leurs expériences personnelles au sein de leur entreprise, sous l’angle de la culture de l’économie de communion.

De l’Italie à l’Allemagne en passant par la République démocratique du Congo, les entrepreneurs fascinent l’assistance par l’honnêteté avec laquelle ils vivent leurs rêves. Si, d’une part, ils parviennent à soulager la misère et à vivre la culture du don, il est tout aussi important pour eux de veiller à construire des relations de confiance avec leurs fournisseurs, leurs ouvriers, les consommateurs de leurs produits et services, leurs concurrents...

On est également frappé par le dynamisme et la créativité avec laquelle ils font face aux défis. « Comment faire quand une société est gangrénée par la corruption ? Quand l’État n’est pas suffisamment fort pour protéger les droits humains ? Ou encore, quand on nous décourage et que l’on nous écrase de taxes sans même nous offrir les 150524 Nairobi EoC School 32 ridinfrastructures nécessaires ? Comment faire lorsque nous prenons conscience que notre société fait de l’argent une petite idole ? »

Un dialogue animé et réfléchi s’instaure principalement entre de jeunes professionnels et des chefs d’entreprise qui viennent de débuter leur activité. Et l’on ne peut s’empêcher d’éprouver une certaine admiration en constatant que l’école internationale de l’ÉdeC est constituée d’un groupe de personnes tout à fait singulières : des étudiants, mais aussi de jeunes professionnels et chefs d’entreprise.

Il y a un autre aspect à ne pas sous-estimer : en Afrique, il n’est pas rare que, pour « arriver à joindre les deux bouts », des personnes, voire des familles entières soient contraintes d’exercer des activités parallèles afin d’augmenter leur salaire, pour parler de ceux qui en touchent un ; que dire, en effet, de ceux qui ne perçoivent aucun revenu ?

Les jeunes ici présents ont eux aussi fait cette douloureuse expérience. À l’adolescence, beaucoup d’entre eux ont dû essayer de gagner un peu d’argent afin d’aider leurs parents à subvenir au moins à leurs besoins. Lorsque ceux qui fréquentent l’université n’ont pas un 150524 Nairobi EoC School 38 Anouk rid travail à temps partiel, ils exercent une activité pour couvrir leurs propres besoins et ceux de leur famille : les frais de scolarité, le loyer, les dépenses médicales ou alimentaires, etc. Pour de multiples raisons, le petit commerce fait partie du quotidien. Mais pourquoi faire du commerce ? Simplement pour survivre, ou pour développer son activité et produire de grandes quantités de richesses ? Les défis posés par la pauvreté du continent africain sont là, sous nos yeux…

Anouk Grevin et Giuseppe Argiolas font découvrir à la salle une nouvelle conception de l’entreprise qui est une véritable culture : les entreprises de l’ÉdeC ne sont pas des machines à faire de l’argent. « Qu’est-ce que c’est, alors ? » demande un jeune de Madagascar, entre éclats de rire et perplexité.

De la culture du don à la production créative de biens et de services pour aider 150524 Nairobi EoC School 36 LB ridl’humanité qui nous entoure, en passant par le renouveau des relations, les jeunes découvrent qu’ils sont appelés à créer un monde nouveau, renouvelé par des relations fondées sur la réciprocité à tous les niveaux. Un vrai chamboulement des mentalités !

Lorsque Luigino Bruni précise qu’en 1991, lors de la visite de Chiara au Brésil, ce n’est pas la pauvreté qui l’a choquée, mais les inégalités entre riches et pauvres, les choses s’éclaircissent. Un jeune journaliste peut ainsi affirmer : « Je commence à y voir de plus en plus clair et je me rends compte que l’ÉdeC a de nombreuses définitions. » Un jeune avocat du Congo déclare : « J’ai un petit bureau et je rêve déjà de créer une grande entreprise de l’ÉdeC. Dès le moment où j’ai achevé mes études, j’ai compris que j’avais des responsabilités envers la société. Ces journées sont pour moi un temps de réflexion profonde. » Grâce à ces journées, un jeune Nigérien, lui aussi avocat, qui travaille comme consultant pour une entreprise agricole, se sent stimulé pour améliorer son travail notamment en faveur des pauvres de son pays. L’aventure continue !

Ce site utilise des cookies techniques, y compris ceux de parties tierces, pour permettre une exploration sûre et efficace du site. En fermant ce bandeau, ou en continuant la navigation, vous acceptez nos modalités d’utilisation des cookies. La page d’informations complètes indique les modalités permettant de refuser l’installation d’un cookie.