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on trouve ici des articles, interviews et recensions sur des sujets économiques (et autres...) de Luigino Bruni, Alberto FerrucciAlessandra Smerilli et Benedetto Gui

 

Le rachat de la promesse

L’aube de minuit / 20 – C’est la gratuité qui prépare l’avenir et nous sauvera tous

Par Luigino Bruni

Publié dans Avvenire le 03/09/2017

170903 Geremia 20 rid« Si l’on m’apprenait que la fin du monde est pour demain, je planterais quand même un pommier. »

Martin Luther

Après les grands chapitres sur les consolations, les bénédictions et les promesses, après l’annonce de la nouvelle alliance, le livre de Jérémie revient à la chronique du siège de Babylone, de la conquête et de la destruction imminente de Jérusalem (en l’an -587). Des jours terribles, qui nous accompagneront jusqu’à la fin du livre, où s’accomplira la prophétie et s’achèvera la vie du prophète. C’est Baruch, compagnon fidèle et secrétaire de Jérémie, dont le nom apparaît pour la première fois dans le texte, qui nous rapporte ces faits et ces paroles. En reprenant le fil de l’histoire, nous retrouvons Jérémie prisonnier du roi Sédécias. Nous connaissons déjà le chef d’accusation, puisqu’il constitue le cœur même de sa mission de prophète : « Pourquoi profères-tu ces oracles : “Voici ce que dit le SEIGNEUR : Je vais livrer cette ville au pouvoir du roi de Babylone ; il s’en emparera” » (Jérémie 32,3). Les prophéties de Jérémie, niées par les faux prophètes, par les chefs du peuple et les prêtres du temple, sont donc en train de se réaliser.

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La plus grande réciprocité

L’aube de minuit / 19 – Ensemble à travers le pacte-communion qui change le cours de l’histoire

Par Luigino Bruni

publié dans Avvenire le 27/08/2017

170827 Geremia 19 rid« J’ai compris plus tard et je continue d’apprendre que c’est en vivant pleinement la vie terrestre que l’on apprend à croire. Quand on a renoncé complètement à devenir quelqu’un – un saint, ou un pécheur converti, ou un homme d’Église (ce qu’on appelle une figure de prêtre), un juste ou un injuste, un malade ou un bien-portant – […], et c’est cela que j’appelle vivre dans le monde. »

D. Bonhoeffer, Lettre du 21 juillet 1944

Il n’existe peut-être pas de don plus grand que le don de l’espérance. Il s’agit d’un bien primaire. En effet, nous pouvons très bien être repus de biens de consommation et de confort mais mourir désespérés. La terre promise nous semble toujours impossible à atteindre et l’exil interminable, et plus encore lorsque nous traversons les déserts. Celui qui nous donne une espérance véritable et non vaine commence par regarder notre désespoir dans les yeux, le traverse et le fait sien. Il lutte contre les faux espoirs, il subit toutes les conséquences et les blessures de cette lutte, il résiste à cette dimension de pietas humaine qui amène tant de personnes à céder à la tentation d’offrir de fausses consolations, à soi-même et aux autres. Du cœur de la nuit, les prophètes nous annoncent une aube vraie, que nous ne voyons pas encore mais que nous pouvons entrevoir avec leurs yeux. Comme lorsqu’autour de nous, depuis longtemps tout n’exprime que la mort et la vanitas et qu’un jour, un ami nous parle du paradis. Cette fois-ci, tout nous semble enfin vrai, au-delà des paradis artificiels qui nous avaient leurrés du temps de nos illusions. Enfin, tout est grâce, tout est charis, tout est gratuité : « Pour toi, je fais poindre la convalescence, je te guéris de tes blessures » (Jérémie 30,17).

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Un exil qui est une bénédiction

L’aube de minuit / 18 – L’humanité et le pouvoir des empires visibles (et invisibles)

Par Luigino Bruni

publié dans Avvenire le 20/08/2017

170820 Geremia 18 rid« Le monde entier est un exil pour ceux qui philosophent. Il est encore bien délicat celui à qui la patrie est douce ; il est déjà fort celui pour qui toute terre est une patrie ; mais il est parfait celui à qui le monde tout entier est un exil. »

Hugues de Saint-Victor, Didascalicon, XIIe siècle

« Ruiner et démolir, déraciner et renverser », entendit résonner Jérémie le jour où il comprit sa vocation de prophète. Cependant, en même temps que ces paroles il en entendit deux autres, différentes et complémentaires : « bâtir et planter » (Jérémie 1,10). En effet, il ne suffit pas de prédire de sombres scénarios pour être un prophète véritable : la terre est peuplée de personnes qui dépeignent, parfois en toute bonne foi, un présent et un futur noirs dans le simple but de recevoir l’approbation de nombreuses personnes désespérées qui alimentent leur propre désespoir. Jérémie ne berce pas son peuple d’illusions en lui promettant un bien-être et une paix imaginaires ; mais, lorsqu’il prophétise cette vérité amère qui dérange, il sait aussi prononcer des paroles vraies et sublimes d’espérance.

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Une prophétie n’est jamais faite d’incitations

L’aube de minuit / 17 – Il est primordial d’identifier ceux qui se servent du passé pour tuer l’avenir

di Luigino Bruni

publié dans Avvenire le 13/08/2017

170813 Geremia 17 rid« Ne réponds pas au sot selon sa folie de peur que tu ne lui ressembles toi aussi ; réponds au sot selon sa folie de peur qu’il ne s’imagine être sage. »

Proverbes, 26

Trabalho, travail, trabajo, du latin trepalium, désignait un joug destiné aux animaux. Une barre en bois taillé, avec des cordes et des lacets, qui rappelait le bras horizontal d’une croix. Au fil du temps, ce joug est devenu le symbole de la soumission des animaux et des personnes, de l’esclavage. Les peuples ont conquis leur liberté et fait triompher la justice en brisant ces jougs qui les enchaînaient, et ils se sont libérés de ces tourments et tribulations. Personne n’aime être soumis, placé par les autres sous un joug. Seul le message subversif et très net de Jésus de Nazareth pouvait se permettre de recourir à l’image du joug pour exprimer le lien entre lui et ses disciples : léger et doux, tout en restant un joug. En utilisant cette image paradoxale, peut-être l’évangéliste pensait-il là aussi à Jérémie : « Au début du règne de Sédécias, fils de Josias, roi de Juda, la parole que voici s’adressa à Jérémie de la part du SEIGNEUR. “Ainsi parle le SEIGNEUR : Fabrique-toi des liens et des barres de joug. Tu en mettras sur ton cou” » (Jérémie 27,1-2).

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Au-delà des déserts de paroles trahies

L’aube de minuit / 16 – Reconnaître et enrichir la famille prophétique de la terre

Par Luigino Bruni

Publié dans Avvenire le 06/08/2017

170806 Geremia 16 rid« Un jour, Rabbi Mosche de Kobryn déclara : ‘Je vois qu’aucune des paroles que j’ai prononcées n’a trouvé une seule personne pour les accueillir dans son cœur. Les paroles qui viennent du cœur vont droit au cœur ; or, si elles ne trouvent personne, alors Dieu accorde à l’homme qui les a prononcées la grâce de ne pas les laisser errer sans demeure, mais de les faire toutes retourner dans le cœur dont elles sont sorties…’ Quelque temps après sa mort, un ami confia : ‘S’il avait eu quelqu’un à qui parler, il serait encore vivant.’ »

Martin Buber, Les récits hassidiques

Bien que les prophètes possèdent chacun une personnalité unique et leur propre nom, la prophétie est une expérience collective. Elle forme une communauté, une tradition, et celui qui arrive continue la même course, livre les mêmes batailles et donne de nouvelles paroles à la même voix. Chaque vrai prophète est engendré par les prophètes qui l’ont précédé, et il nourrit les prophètes qui viendront après lui. Cette chaîne générative spirituelle constitue le fondement de la fidélité à la parole, parce que tout prophète sait qu’il écrit un chapitre d’un livre qui sera complété par d’autres. S’il manque des paroles à ce chapitre, ou bien, s’il contient des paroles partielles et modifiées, celui qui poursuivra l’écriture du livre aura entre les mains un matériel frelaté ; il n’aura pas à sa disposition les paroles nécessaires pour écrire les siennes propres, et la version finale s’en trouvera appauvrie et faussée.

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Le chant des voix différentes

L’aube de minuit / 15 – La hauteur de Dieu nous évite d’exprimer seulement nos rêves

de Luigino Bruni

Publié dans Avvenire le 30/07/2017

170730 Geremia 15 rid« Depuis l’image tendue / je surveille l’instant / dans l’imminence de l’attente – / et je n’attends personne ; dans l’ombre claire / je guette la cloche / qui, imperceptiblement, répand / une poussière de son – / et je n’attends personne ; entre quatre murs / écrasés d’espace / plus qu’un désert / je n’attends personne ; pourtant, il doit venir, / son chuchotement ; il viendra, si je résiste / s’épanouir en secret, / il viendra à l’improviste, / quand je l’attendrai le moins ; il viendra comme pour pardonner / ce qui fait mourir, / il viendra me donner la certitude / de son trésor et de mon trésor, il viendra réconforter / mes peines et les siennes, / il viendra, et peut-être vient-il déjà. »

Clemente Rebora, Dall’immagine tesa

La fausse prophétie pratiquée en toute bonne foi est peut-être la plus répandue sous le soleil et l’une des plus dangereuses. Il y a toujours eu et il existe encore de faux prophètes de mauvaise foi, qui ne font résonner aucune voix et le savent bien. Cependant, il existe aussi de faux prophètes qui le sont en toute bonne foi, qui ne font résonner aucune voix et ne le savent pas, qui confondent la « voix de Dieu » avec leurs propres fantaisies, émotions et pensées. Les faux prophètes ne sont pas tous des vauriens et des escrocs : parmi eux, on trouve des personnes convaincues d’être des prophètes alors qu’elles ne le sont pas.

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Le don nouveau du Dieu fidèle

L’aube de minuit / 14 – Seul un Père qui n’est jamais indifférent offre sa miséricorde

Par Luigino Bruni

publié dans Avvenire le 23/07/2017

170723 Geremia 14 rid« Frère athée, noblement pensif, à la recherche d’un Dieu que je ne peux te donner, traversons ensemble le désert. De désert en désert, allons au-delà de la forêt des religions, libres et nus vers l’Être nu, et là, où la parole meurt, que notre chemin s’arrête. »

Davide Maria Turoldo, Canti Ultimi

La vie pourrait être racontée comme l’histoire de ses crises. Bien que la Bible regorge de ces histoires, nous ne le percevons pas et nous recherchons dans les textes bibliques des vérités, des paroles religieuses, des consolations. C’est ainsi que nous passons à côté des pages les plus grandes de la Bible, qu’elles s’ouvrent seulement lorsque nous parvenons jusqu’aux hommes et femmes qui se cachent derrière les paroles du Seigneur, à ces êtres humains entiers qui les ont prononcées. La parole biblique ne nous change pas tant que nous ne nous laissons pas toucher dans notre chair par ses hommes et ses femmes, tant que nous ne leur permettons pas d’entrer dans les recoins les plus intimes de notre âme, et d’y entrer en tant que personnes concrètes possédant un nom et une histoire, avec leurs blessures, leurs doutes et leurs malédictions. Trop souvent, la Bible ne sauve rien, ou presque, parce que nous nous laissons à peine toucher par elle. Dans de rares cas, un personnage de la Bible parvient à franchir le seuil de notre âme, à s’introduire par un trou de serrure resté ouvert par erreur. Ce personnage devient alors une personne plus réelle et concrète que nos amis et nos enfants ; il bouleverse l’aménagement de nos intérieurs et de nos chambres à coucher. Si c’est Jérémie qui entre, la maison se retrouve sens dessus dessous ; alors, dans ce désordre général, peut-être pouvons-nous redevenir pauvres de choses et de Dieu, et sentir enfin planer l’esprit qui, dans les maisons aux portes fermées et dans les temples gardés et protégés, ne réussit pas à souffler. Trop de personnes restent en-dehors de l’horizon spirituel du monde car, quand il vient nous visiter, il entre dans une maison aux fenêtres fermées et trop pleine de choses bien rangées, qui ne contient pas assez d’oxygène pour nous permettre de respirer.

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Economie silencieuse big mod

Editions Nouvelle Cité, 2016
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Blessure rencontre big modEditions Nouvelle Cité, 2014
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Congrès Pan Asiatique ÉdeC 2016

L’entreprise une affaire de don

Ce que révèlent les sciences de gestion 

Entreprise affaire don rid modpar Anouk Grevin, Bénédice de Peyrelongue, Benjamin Pavageau, Olivier Masclef, Pierre-Yves Gomez et Sandrine Fremeaux

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Dossier de presse 2016

Le nouveau lexique du bien vivre social

Logo nuovo lessico rid modLes "paroles" du Nouveau Lexique, dans les éditoriaux hebdomadaires de Luigino Bruni dans Avvenire

Communion - 09/02/2014
Institutions - 02/02/2014
Communauté - 26/01/2014
Temps - 19/01/2014
Douceur - 12/01/2014
Économie - 05/01/2014
Innovation - 14/12/2013
Marché - 08/12/2013
Biens communs - 01/12/2013
Coopération - 24/11/2013
Biens d’expérience - 17/11/2013
Point critique - 10/11/2013
Capitaux - 03/11/2013
Pauvreté - 27/10/2013
Biens relationnels - 20/10/2013
Biens - 13/10/2013
Richesse - 06/10/2013
Nouveau lexique - 29/09/2013

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Les témoignages des entrepreneurs

 temoignage

Des entrepreneurs engagés dans l’ÉdeC livrent leurs expériences.

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Interventions lors de congrès

Carte d’identite de l’Economie de Communion

logo_edc_benvL’Economie de Communion (EdeC) est un mouvement international dont le but est de réaliser et de rendre visible une société humaine qui prend modèle sur la première communauté chrétienne de Jérusalem, où « ils étaient un seul cœur et une seule âme et nul parmi eux n’était dans le besoin » (Actes 4). Il vise à réduire la pauvreté grâce au partage et à la communion.
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Points de repère pour les entreprises Economie de communion

Binari_rid_modL’Économie de Communion (EdeC) propose aux entreprises qui adoptent son message et sa culture, des “Points de repères pour les entreprises EdeC”, qui reflètent la vie et la réflexion d’entrepreneurs EdeC du monde entier ; elles suivent le schéma des ‘sept couleurs’, selon les intuitions fondatrices du charisme de l’unité dont l’EdeC est l’expression....
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