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on trouve ici des articles, interviews et recensions sur des sujets économiques (et autres...) de Luigino Bruni, Alberto FerrucciAlessandra Smerilli et Benedetto Gui

 

Les tristes empires du mérite

À la frontière et au-delà / 4 - Une « pénurie de gratitude » augmente le nombre de damnés dans le monde

Par Luigino Bruni

publié dans Avvenire le 12/02/2017

Sul confine e oltre 04 rid« Le malheur est par lui-même inarticulé. Les malheureux supplient silencieusement qu’on leur fournisse des mots pour s’exprimer. Il y a des époques où ils ne sont pas exaucés. »

Simone Weil, La personne et le sacré

Le mérite est le grand paradoxe du culte économique de notre temps. L’esprit originel du capitalisme découle de la critique sévère de Luther contre la théologie du mérite ; or, cette « pierre écartée » est aujourd’hui devenue la tête d’angle de la nouvelle religion capitaliste jaillie du cœur de pays qui se sont construits justement sur cette vieille éthique protestante anti-méritocratique. Le salut obtenu par la « sola gratia », et non par nos mérites, devint le pivot de la Réforme. Il raviva également la polémique qui avait opposé saint Augustin à Pélage un millénaire auparavant (Luther avait d’abord été un moine augustinien). La critique antipélagienne représentait avant tout un dépassement de la très vieille idée selon laquelle le salut de l’âme, la bénédiction de Dieu et le paradis pouvaient se gagner, s’acquérir, s’acheter et se mériter grâce à nos actions. La théologie du mérite prétendait emprisonner même Dieu à l’intérieur de la logique méritocratique en l’obligeant à distribuer punitions et récompenses sur la base de critères que les théologiens lui attribuaient.

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Les idoles ne sont jamais rassasiées

À la frontière et au-delà / 3 - Ce marché dévore la vie en échange d’un peu d’argent

Par Luigino Bruni

publié dans Avvenire le 05/02/2017

Sul confine e oltre 03 rid« Le capitalisme est une religion purement cultuelle, peut-être la plus cultuelle qu’il se soit jamais donnée. Il n’a de signification qu’en rapport immédiat avec le culte, sans dogme spécifique ni théologie. »

Walter BenjaminLe capitalisme comme religion

Le capitalisme des XIXe et XXe siècles était animé d’un esprit judéo-chrétien, un esprit de travail, d’effort, de production. Or, nous ne pouvons plus comprendre l’esprit de notre capitalisme si nous continuons à le chercher dans le christianisme ou dans la Bible. Si la société de marché de ces dernières années s’apparente de plus en plus à une religion, les traits qu’elle adopte actuellement la font davantage ressembler aux villes du Moyen-Orient d’il y a trois mille ans, ou bien aux villes grecques et romaines des siècles qui ont suivi. Elle évoque leurs espaces publics occupés par de nombreuses statues, des temples, des stèles, des autels, des édicules sacrés, et leurs espaces privés remplis de gris-gris, de pénates et d’une énorme quantité d’idoles domestiques ; leurs multiples sacrifices autour desquels s’organisaient la vie, les fêtes et la mort. L’humanisme judéo-chrétien a tenté avant tout de vider le monde de ses idoles afin de le libérer des sacrifices ; une tentative réussie en partie seulement car, chez les hommes, la tendance à fabriquer des idoles à adorer a toujours été trop marquée.

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Résister à la magie du joueur de flûte

À la frontière et au-delà / 2 –Triomphe et vacillement du marché individualiste

Par Luigino Bruni

Publié dans Avvenire le 29/01/2017

Su confine e oltre 02 ridToutes les passions ont un temps où elles ne sont que néfastes, où elles avilissent leurs victimes avec la lourdeur de la bêtise, et une époque tardive, beaucoup plus tardive, où elles se marient à l’esprit, où elles se « spiritualisent ».

F. NietzscheLe crépuscule des idoles

L’une des formes les plus puissantes de « destruction créatrice » du capitalisme d’aujourd’hui, c’est la destruction de la religion. L’économie de marché s’est développée et continue de se développer en empiétant sur le territoire sacré qui, n’étant plus consacré et ayant été transformé en espace profane indéfini et anonyme, s’est libéré pour les échanges commerciaux. Les marchands sont retournés dans le temple et le temple tout entier se transforme en marché ; même le saint des saints doit aujourd’hui rapporter.

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Mettre fin à la destruction créatrice

À la frontière et au-delà / 1 - Entre marché et gratuité, à la recherche d’autres voies

Par Luigino Bruni

Paru dans Avvenire le 22/01/2017

Su confine e oltre 01 rid« Nous ne pouvons rien aimer que par rapport à nous. C’est l’intérêt seul qui produit notre amitié. »

F. de La Rochefoucauld, Maximes

La solitude de notre époque s’accentue parallèlement à notre désir de communauté, que nous cherchons à satisfaire en recourant à des instruments qui, trop souvent, augmentent ce désir. La société de marché, en mal d’individus dépourvus de liens puissants et de racines profondes, a les moyens économiques et politiques de les orienter toujours plus dans ce sens. Les personnes ayant développé de vraies relations interpersonnelles et une vie intérieure intense font toujours des consommateurs imparfaits et difficiles à contrôler.

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Giacomo Becattini : une vocation « locale »

Nous publions cet article en hommage au professeur Giacomo Becattini, qui s’est éteint ce matin à Florence. Luigino Bruni l’évoque comme « l’un des derniers économistes humanistes d’Europe, un grand spécialiste d’une économie vivante, civile, authentique, historique, italienne, territoriale ».

Par Luigino Bruni

Publié dans Avvenire "Agorà sette - libri" le 8/01/2016

Logo Agorà sette libriGiacomo Becattini est un économiste qui a apporté des nouveautés dans la théorie et la politique économique italienne, mais pas seulement. Aujourd’hui, à près quatre-vingt-dix ans, il publie un livre (La coscienza dei luoghi, Donzelli, 2015, ndlr) où la sagesse de toute une vie est condensée dans un peu plus de deux cents pages. Becattini est un économiste incarnant la meilleure tradition italienne et européenne dans l’histoire de la pensée. Peu d’économistes ont su penser, comme lui, à l’échelle à la fois locale et mondiale. Si Becattini n’avait pas observé les dynamiques des villes de Prato et de Carrare, nous n’aurions pas bénéficié de ses théories, mais bien peu d’intellectuels italiens ont exercé une influence aussi grande que la sienne sur les débats autour de la politique industrielle dans différents pays du monde.

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Des paroles pour tous en tout temps

À l’écoute de la vie / 29 - Le prophète est maître de la lumière parce qu’il connaît la nuit

Par Luigino Bruni

Publié dans Avvenire le 08/01/2017

Lago Albano rid« La marée humaine, en se brisant aux pieds de la tour continuellement léchée par sa misère, répète inlassablement sa question :‘Shomèr ma-millàilah ?’ (Combien manque au jour ?). Le ton de l’oracle est déconcertant à cause de sa politesse inouïe : ‘S’il vous plaît d’interroger, revenez…’ Peu importe de savoir. L’important, et qui nous fait vivre, c’est que nous ne perdions pas cette trépidation angélique, le besoin, l’envie de savoir où en est la nuit, à quel moment elle finira ou ce qu’elle signifie. Le pire qui puisse arriver, c’est que l’on cesse de venir demander. »

Guido Ceronetti, Le livre du prophète Isaïe

Aucune époque n’a connu une telle production de paroles que la nôtre. Les cultures anciennes, paysannes et analphabètes, justement parce qu’elles ne connaissaient ni l’écriture ni la lecture, parce qu’elles possédaient peu de mots, devinaient que la parole, les paroles, renfermaient un pouvoir mystérieux qu’elles respectaient et craignaient. Si elles ignoraient la lecture et l’écriture, elles savaient parler. Elles ne savaient pas écrire de poésies, en revanche elles savaient les raconter et les vivre. Notre époque, inondée de paroles au point d’avoir perdu le sens de la parole, n’a pas les outils pour reconnaître les prophètes et les confond avec les inventeurs et vendeurs de discours. Si nous voulons reconnaître et comprendre les prophètes – et Dieu sait combien nous en avons besoin –, il nous faut simplement réapprendre à parler.

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Celui qui ne crie plus perd Dieu

À l’écoute de la vie / 28 – L’avenir s’enracine sur le bon qui résiste, et qui nous sauve tous.

Par Luigino Bruni

Paru dans Avvenire le 31/12/2016

jacob y el angel 299x300« S’il se trouve devant toi sur ton chemin, n’importe où sur un arbre ou par terre, un nid avec des oisillons ou des œufs, et la mère couchée sur les oisillons ou sur les œufs, tu ne prendras pas la mère avec ses petits : tu devras laisser aller la mère, et ce sont les petits que tu prendras pour toi. Ainsi, tu seras heureux et tu prolongeras tes jours » (Dt 22,6-7). La même promesse est faite à celui qui « honore son père et sa mère ». On raconte que le jour du shabbat, Elisha ben Avouya vit un homme monter sur la cime d’un palmier et enlever d’un nid d’oiseaux la mère et ses petits, avant de redescendre indemne. Passé le shabbat, un autre homme grimpa en haut du palmier, prit les petits et laissa la mère s’envoler. Lorsqu’il redescendit, il fut mordu par un serpent et mourut. Elisha s’exclama : « Il n’y a pas de justice ni de Juge », puis il abjura. Comment Elisha montra-t-il qu’il avait perdu la foi ? Il ne fonda pas une philosophie athée mais, le jour du shabbat, il arracha une touffe d’herbe.

Paolo de Benedetti, Uomini e profeti, Radio3

L’une des expressions profondes de la culture de l’Occident est le résultat de la rencontre et de la tension vitale entre l’humanisme grec et l’humanisme de la Bible ; entre le génie philosophique des Grecs, qui recherche la vérité dans la liberté la plus totale, sans aucune référence au passé, à la tradition ou aux textes sacrés, et l’ethos biblique, davantage tourné vers la vie que vers la vérité, qui regarde devant, mais n’est ni exempt ni détaché du lien avec le commencement, car il est ancré dans un pacte originel et une promesse, tous deux indispensables.

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#EocwiththePope

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Economie silencieuse big mod

Editions Nouvelle Cité, 2016
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Blessure rencontre big modEditions Nouvelle Cité, 2014
pour information et achat

Lab School ÉdeC Loppiano 2016

Congrès Pan Asiatique ÉdeC 2016

L’entreprise une affaire de don

Ce que révèlent les sciences de gestion 

Entreprise affaire don rid modpar Anouk Grevin, Bénédice de Peyrelongue, Benjamin Pavageau, Olivier Masclef, Pierre-Yves Gomez et Sandrine Fremeaux

Editions Nouvelle Cité, 2015
Collection du G.R.A.C.E.

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Nairobi : un site consacré à tous les contenus

Logo sito Nairobi rid modInterventions et témoignages (vidéos et textes), photo galerie, power point : tous les contenus pour revivre les événements de Nairobi 2015.

Accès au site    Accès aux contenus du congrès ÉdeC  Accès aux contenus de l’école ÉdeC

Photo galerie de l’École Internationale ÉdeC Nairobi 2015

150526 Nairobi EoC School 44 rid mod Mariapolis Piero, Nairobi (Kenya) 2015
Mai 2015

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150531 Nairobi Congresso EdC 76 rid modMariapolis Piero, Nairobi (Kenya), 27-31 mai 2015

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Dossier de presse 2016

Le nouveau lexique du bien vivre social

Logo nuovo lessico rid modLes "paroles" du Nouveau Lexique, dans les éditoriaux hebdomadaires de Luigino Bruni dans Avvenire

Communion - 09/02/2014
Institutions - 02/02/2014
Communauté - 26/01/2014
Temps - 19/01/2014
Douceur - 12/01/2014
Économie - 05/01/2014
Innovation - 14/12/2013
Marché - 08/12/2013
Biens communs - 01/12/2013
Coopération - 24/11/2013
Biens d’expérience - 17/11/2013
Point critique - 10/11/2013
Capitaux - 03/11/2013
Pauvreté - 27/10/2013
Biens relationnels - 20/10/2013
Biens - 13/10/2013
Richesse - 06/10/2013
Nouveau lexique - 29/09/2013

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Les témoignages des entrepreneurs

 temoignage

Des entrepreneurs engagés dans l’ÉdeC livrent leurs expériences.

Page dédiée aux expériences
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Interventions lors de congrès

Carte d’identite de l’Economie de Communion

logo_edc_benvL’Economie de Communion (EdeC) est un mouvement international dont le but est de réaliser et de rendre visible une société humaine qui prend modèle sur la première communauté chrétienne de Jérusalem, où « ils étaient un seul cœur et une seule âme et nul parmi eux n’était dans le besoin » (Actes 4). Il vise à réduire la pauvreté grâce au partage et à la communion.
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Points de repère pour les entreprises Economie de communion

Binari_rid_modL’Économie de Communion (EdeC) propose aux entreprises qui adoptent son message et sa culture, des “Points de repères pour les entreprises EdeC”, qui reflètent la vie et la réflexion d’entrepreneurs EdeC du monde entier ; elles suivent le schéma des ‘sept couleurs’, selon les intuitions fondatrices du charisme de l’unité dont l’EdeC est l’expression....
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